Panzerpappa
Farlig Vandring

 

Pour les amateurs de R.I.O. (rock in opposition, un mouvement à la fois idéologique et musical, ancré à gauche et féru de métissages exigeants), ce premier album officiel apparaîtra comme une réussite. Les autres ont intérêt à aiguiser leur curiosité et à laisser de côté les préjugés et la facilité critique.
Instrumental, proposant 6 longues pièces dans un style identique, Panzerpappa pioche un peu partout sa personnalité : un peu de Zappa, du jazz moderne et atmosphérique, du prog (les claviers de Crimson première mouture !), de la musique contemporaine, et un soupçon de zeuhl (Magma et ses disciples).
Dans cet univers riche mais parfois hermétique, le saxophone est dominant, en particulier dans des thèmes à l'unisson avec une guitare très discrète (sauf sur l'avant-dernier morceau, dont je vous passerai le titre, qui risque de vous faire peur, le norvégien en V.O. c'est tout un art…).
Panzerpappa révèle une approche très jazz sur le fond, les compositions se construisant toutes autour d'un thème, souvent enrichi progressivement, avec des passages solos. Dommage que la batterie, malgré des motifs subtils, se cantonne à de l'accompagnement. Dommage aussi que le très joli thème de "Utrygge trØfler" (je vous avais prévenus !) représente la seule tentative de peaufiner la forme.
Panzerpappa ne touchera jamais un public conséquent, mais ce quartet mérite le respect. Il pourra séduire les fans les plus aventureux de King Crimson, pour la frange prog. L'avantage de ses audaces stylistiques, c'est qu'elles peuvent tout aussi bien flatter les oreilles d'un amateur de musique contemporaine ou d'un jazzophile tolérant.
Sans oublier les quelques fondus de death metal qui auront cru percevoir dans ce nom de groupe une nouvelle ode à la démolition sonique… (6/10)
David

 

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